Les coulisses de l’AD
L’audiodescription (AD) est un outil essentiel pour rendre la culture accessible aux personnes malvoyantes ou aveugles. Elle permet de suivre l’action et de s’immerger dans l’ambiance d’un film, un documentaire ou un spectacle. Aude Piette, codirectrice de PAF, nous en dévoile les coulisses.
PAF est l’entreprise qui a réalisé l’audiodescription du spot TV de notre campagne. L’an dernier, elle a reçu le Marius de l’audiodescription pour le film “Le Règne animal” et maitrise toutes les étapes de l’AD. Aude Piette : « La première, c’est l’écriture de l’audiodescription. En clair, tout ce qui doit être décrit pour que le spectateur capte toutes les informations importantes (un sourire narquois, une horloge qui indique l’heure, etc.). Une AD s’intercale entre les sons, elle ne peut pas chevaucher un dialogue ou un bruit. Il faut donc commencer par consigner tout ce qui sera décrit. 2 auteurs s’en chargent, se corrigent et enregistrent l’audiodescription que nous faisons ensuite tester par un superviseur en situation de handicap visuel ». La seconde étape se passe en studio, l’audiodescription est enregistrée par un comédien, sous la supervision du directeur artistique et l’ingénieur du son. « Toutes ces étapes justifient le prix et le temps de fabrication d’une AD ».
L’intelligence artificielle (I.A.) a également fait son entrée dans la profession. « C’est plus rapide et coûte 2 à 4 fois moins cher, mais il n’y a aucune supervision et la voix est robotisée. C’est probablement mieux que rien, mais il y a des règles à respecter pour avoir une bonne AD ». La clé du succès ? « Une AD la plus discrète possible, pour assurer le confort d’écoute. La qualité de la voix et de la diction sont également primordiales. Certains spectateurs quittent la salle parce que la voix du narrateur leur déplaît. Enfin, le choix des mots et une écriture destinée à être entendue sont les autres ingrédients d’une AD réussie », termine Aude.
Les films produits en Belgique doivent être audiodécrits. Grâce à des applications comme Earcatch ou Greta, les films audiodécrits peuvent être vus dans n’importe quelle salle, avec un smartphone.
Et la TV ?
La télévision a aussi des obligations en matière d’AD, particulièrement le service public. « 25 % des contenus de fiction proposés entre 13 et 24h doivent être audiodécrits », explique Didier Coppens, référent accessibilité de la RTBF. « En 2024, La Une a proposé 32,6 % d’émissions audiodécrites et 33,7 % pour Tipik. Nous avons aussi proposé d’autres contenus en AD, qui n’avaient pas l’obligation de l’être, comme Drag Race, The Voice Kids, certains épisodes de Fort Boyard et les grands matchs des Diables Rouges. Enfin, sur AUVIO, un nouvel onglet vient d’être créé, pour trouver rapidement tous les contenus audiodécrits ».
Aussi de l’inclusion
Sabrina adore le cinéma. « Quand j’ai rencontré mon mari, nous y allions souvent. Le pauvre devait sans cesse m’expliquer ce qui se passait, c’est pourquoi nous avons opté pour les plateformes payantes proposant l’AD ». Grâce à elles, Sabrina a pu suivre la cérémonie d’ouverture des J.O. de Paris, audiodécrite en direct. « C’était vraiment fabuleux. Décrire ce qui se passe en direct est certainement encore plus compliqué, mais c’est une condition de l’inclusion. Sans l’audiodescription, je passais à côté de la polémique qui a suivi la cérémonie ».
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